Chroniques sous Lithium

Les bipolaires sont très sexy!

Publié par : Liv le : 3 avril 2009

Jamais entendu que les « bipolaires» sont très sexy au lit ?

Parole de fofolle – le terme poli est “atteinte de trouble bipolaire”, mais soyons honnête, tout le monde me prend pour une vraie « fofolle ».
Je peux vous confirmer que ma folie a fait des merveilles dans ma vie sexuelle.

Quand je suis déprimée, je suis l’image incarnée du laisser-aller.
Avec mes cheveux gras collés sur le côté de mon visage, mes yeux cernés, mes lèvres gercées et mon sale corps que je traine du lit au frigo. Je suis loin d’être une «bombe». En manque d’énergie, je pourrai ne pas sortir de la maison pendant tout un mois.

Au cours de ces « bas », mon lit devient mon havre de paix. J’y réside dans le repos total, magnifiquement entourée par mes vieux vêtements éparpillés un peu partout dans la chambre.

Et qu’est-ce qui est sexy dans tout cela ? c’est de savoir comment je joue la «difficile ».
Je ne réponds plus au téléphone, je disparais, inaccessible.
Ne laissez pas mon désintérêt apparent vous tromper. Je ne vous ignore pas pour le plaisir, et je ne suis pas entrain de m’éclater avec un autre groupe d’amis, ni en voyage, ni très occupée au travail. Je suis chez moi, allongée comme une mort-vivante.

Mais, je dois avouer que j’ai énormément de chance d’avoir un trouble bipolaire, qui, comme nous le savons tous, est «le plaisir des maladies mentales».
Mes épisodes de dépression sont finalement remplacées par des phases de manie (scientifiquement décrites par «être vraiment très heureuse»).

Sexy bipolaire

Sexy bipolaire

Au cours des épisodes maniaques, je suis riche, belle, charmante, étonnante, brillante, confiante, sexy, plus rien ne m’arrête. C’est parce que l’un des principaux symptômes de la manie est l’hypersexualité (autrement dit: «avoir envie de sauter sur tout ce qui bouge»).

Je sais ce que vous penser, mais bon, c’est totalement sexy. La passion est sexy. Imaginez une déesse de l’amour, une femme passionnée par la vie, le sexe…dans votre lit ! C’est du pur bonheur.
J’aimerai vivre au rythme de mes épisodes maniaques, pour toujours. C’est tellement plus facile à gérer que les phases « down » où je me sens vide, malheureuse, sale et laide.

Aujourd’hui, avec 4 kilos en trop, mes cheveux qui tombent dans le bain, et les effets indésirables qui s’accumulent, mes nuits sulfureuses ont été balayées par le rituel des médicaments.
Je comprends l’inquiétude de mon mari, qui m’aime et me soutient, et qui a payé, à plusieurs reprises, une note plus que salée, pour mes déboires maniaques.
Mais est-ce fini pour moi ? Dans le passé, un de mes regards séducteurs le mettait en feu, maintenant il m’éteint avec « t’as pris tes cachets » ?

Oui, les fofolles sont très sexy au lit. Et mon être fou a toujours été synonyme de mon être sexy.
Ceci, tant que vous ne m’avez pas croisée déprimée ou sous médicaments. Malheureusement, c’est beaucoup plus souvent le cas.

Alors, envie d’un petit quickie?

9 réponses vers "Les bipolaires sont très sexy!"

Bonjour Liv,
Je connais très bien le problème de la bi polarité, ma mère l’est depuis ma naissance et elle a aujourd’hui 60 ans. J’ai du coup aussi lu un peu pour comprendre sa maladie.

Je ne pense pas que l’hypnose soit adaptée à ce genre de problème, car il s’agit d’un trouble profond qu’il faut prendre au serrieux. D’ailleurs, de mon vécu, je pense qu’avant 40 à 50 ans, il faudrait trouver d’autres solutions que la psychiatrie, qui ne fait que masquer les symptomes mais ne vous libèrera jamais de la cause (un traitement bi polaire en général, si on ne fait rien à coté, c’est pour la vie et chaque arret promet une rechute).

Quand je vois les “symptomes” que le psychiatre a trait” chez ma mère je me rends compte à quel point ils sont aveugles sur ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Mais les troubles du domaine psychiatriques sont toujours à traiter avec des vrais professionnels : on ne peut pas aller voir un thérapeute léger qui traitera ça comme une “vulgaire” phobie.

Merci pour ta réponse concernant l’hypnose. Ma mère a toujours été borderline et bipolaire. Elle a aujourd’hui 64 ans.
Elle a arrêté sa thérapie depuis très longtemps, mais il me semble qu’avec l’âge elle est moins “démon/gentille”. J’ai l’impression que les traits de sa maladie se sont un peu estompés avec les années. Une lueur d’espoir ?
Quant à moi, je suis sous thymorégulateurs depuis peu, mais aulieu de me soulager, j’ai du mal à extérioriser ma colère, je ne gère plus comme avant. Je bouillonne mais je n’explose pas…
Je te tiendrai au courant et n’hésite pas à ma faire part des nouveautés thérapeutiques.

et bien j’ai contasté que ma mère s’est aussi posée avec les années. En fait elle a combatu son traitement toute sa vie, sa bipolarité est apparue à 30 ans à la mort de sa mère qui était un peu folle (ça ne se disait à l’époque) et qui s’est usicidée zprès un coup de fil de ma mère. toute la famille l’a accusée et elle a commencé à entendre des voix. Elle a voulu se guerrir sans médicaments et à chaque fois qu’elle a essayé : rechute et ses filles placées chez des inconnus, ca a été mon quotidien de 0 à 15 ans, age auquel j’ai décidé de partir pour commencer à vivre moi meme et ne plus m’occuper de ma maman malade ni de ma soeur je m’étouffais.
Il y a quelques années ses rechutes ont commencé à etre moins grave et plus “rigolotes”. la dernière, elle a tagué avec une bombe dans le hlm ou elle vivait, en rose fushia “victime ici”. quand les infirmiers sont venus la prendre à la gendarmerie, tout le monde rigolait (imagine un mémère de 60 balais en train de faire des tags..) et c’était l première fois qu’ils faisaient un “enlèvement” dans la bonne humeur.
depuis, ma mère a décidé de ne plus arréter ses traitements. elle est suivies par un psychiatre qui l’ecoute bcp et qui la croit quand elle dit qu’elle pense que le traitement ne lui convient plus et il le change (les anciens ne la croyaient pas et attendaient qu’elle retourne en HP pour réagir, sympa…)
A votre age, qui est très jeune, je suis sure que vous pouvez vous construire un environnement stable, avec l’aide d’une thérapie pour fouiller tout ça et probablement vous passer à terme de médicaments. Je vous le souhaite tant ! Car les médicaments c’est : effets secondaires, passer de + 20 à – 20 kg en quelques mois, tics et autres comportements étranges, bouche sèche, incapacité à se concentrer et j’en passe. Pensez à ne pas utiliser que cette béquille chimique et à vous reconstruire, je vous encourage vivement.

je voulais dire que maintenant la “sagesse” de ma mère c’est d’arriver seule à savoir ou elle en est dans sa maladie et quand il faut changer, elle a plus de recul enfin à 60 ans. Elle arrive à se gérer avant qu’on la force à un séjour. et elle s’épanouit dans des travaux manuels à la maison (avec son handicap elle a tjrs eu du mal à garder un emploi)

ps : pas de soucis pour le lien, avec plaisir :)

Merci pour votre blog, Liv. Il est intéressant de suivre votre parcours, vos expériences. Je ne suis pas moi-même bipolaire, mais ma copine vient d’avoir le diagnostic. Nous sommes ensemble depuis quelques mois. Je vois qu’elle est très marqué par ce verdict qu’elle savait au fond d’elle même mais que d’autres therapeutes n’avaient pas prononcés.

Elle a envie d’en finir, de vaincre cette maladie. Elle a énormement de courage, mais je suis troublé par le fait qu’elle s’isole et ne veux pas me rencontrer ni parler pour l’instant. J’ai appris par ce blog et d’autres sites que les bipolaires ont des relations mouvementé et leurs hauts et bas finissent souvent par déstabiliser la relation.

Il est vrai que nous avons passées de superbs moments ensemble, son énergie et optimisme, sa gentillesse, son humour et intélligence m’attire. Des fois c’est meme presque trop, et j’ai de la peine à suivre. Mais nous nous sentons libres ensemble, nous nous entendions bien. De plus nous sortons les 2 d’un mariage échoué, avec des enfants. Elle s’entend tres bien avec mes enfants. Elle a eu un parcours beaucoup plus difficile dans sa vie, ce qui à surement mené à la bipolarité. Nous vivons dans 2 pays différents, donc c’est une relation à distance.

J’ai de la peine à tackler cette période où elle s’isole et que elle se laisse tomber au fond, pour rébondir ensuite.
Comme notre relation est jeune et le parcours s’annonce difficile, je commence à me poser des questions sur notre avenir. Faut-il s’investir? est-ce que ca vaut la peine? Combien je comptze pour elle? Combien compte elle pour moi? Est-ce que une relation à terme ressemblera à ce qu’on a vecu jusqu’à maintenant?

Tant des questions aux réponses difficiles

Avez vous des conseils?

Merci junior pour votre message qui ne me laisse pas indifférente.
Je préfère vous répondre par E-mail pour mieux développer mes conseils. :)

junior,
ce n’est par parcequ’elle a reçu le “verdict” de cette maladie que son amour n’est pas véridique ni le votre. Quand à la forme que celà prendra à long terme, je pense qu’aucune relation n’est semblable à l’autr, maladie ou pas. Donc cette relation ne ressemblera pas à celle d’avant ou celle d’encore avant.
Accompagner une personne bipolaire demande du courage, mais quand on aime c’est d’autant plus facile. De plus, cet environnement va aider votre amie, elle a besoin entre autre d’un environnement sain et épanouissant plus que d’etre abandonnée. Celà ne doit pas etre vécu comme une prison pour vous (je reste avec elle pour son bien et pas parceque j’en ai envie), ce ne serait que pénible pour vous deux.
J’ai vu il y a quelques années un film qui m’a beaucoup touché et sui traite de l’amour quand l’un des deux est malade (le héro n’est pas bipolaire, il est skizophrène) Cette histoire est magnifique et montre à quel point ce genre de maladie peut bouleverser le quotidien dans les 2 sens. J’ai beaucoup pleuré en le voyant car j”y retrouvais aussi ma mère. Il s’agit du film “un homme d’exception”, je vous le conseille :)

Wonder koko,

Je vous remercie pour votre réponse qui démontre beaucoup de sagesse. Je pense que l’amour peut fleurir et durer dans une relation où une personne est bipolaire mais ils sera sans doute mis sous épreuve régulierement. Reste à savoir si on vivra cela comme une prison où un épanouissement.

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C'est le blog de Liv, une trentenaire borderline et bipolaire, ni victime ni désepérée, juste une amoureuse de la vie bien décidée à en finir avec ses troubles..
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