Chroniques sous Lithium

Le trouble bipolaire: différentes thérapies

Publié par   : Liv le  : 16 avril 2009

Il existe des approches psychothérapeutiques différentes, appropriées pour les différentes phases du trouble bipolaire. Elles peuvent comprendre l’éducation du patient, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), les interventions au niveau de la famille, la thérapie de groupe et la thérapie individuelle adaptée au cas par cas, comme par exemple pour l’abus de substances.

Les patients bipolaires ont un taux relativement élevé de non-observance du traitement médicamenteux, estimé à 32 à 45 % des patients traités (Rothbaum et Astin, 2000).
Cette mauvaise adhésion aux médicaments prescrits, combinée aux taux élevés de conflit conjugal, de divorce et de chômage associés au trouble bipolaire, limite l’efficacité de la pharmacothérapie employée seule.
La combinaison de la psychothérapie au traitement médicamenteux vise surtout à augmenter l’observance du traitement médicamenteux par les patients.
Par ailleurs, la psychothérapie réduirait le nombre et la durée des hospitalisations et des rechutes, améliorerait le fonctionnement social et la qualité de la vie et diminuerait le risque de suicide du patient.

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
Le but principal de la TCC est de modifier les pensées négatives des patients souffrant d’un trouble bipolaire. Cette forme de thérapie se concentre non seulement sur le comportement du patient mais aussi sur sa cognition ; ses pensées, ses perceptions et l’interprétation de ce qui lui arrive.
La TCC tente d’altérer les pensées négatives en apprenant au patient à analyser la façon dont ses schémas de pensée contribuent à ses symptômes et à modifier ses pensées et son comportement de façon à réduire la probabilité d’apparition des symptômes (Département de la Santé et des Services humanitaires des Etats-Unis, 1999).
En outre, elle renseigne le patient sur les difficultés de fonctionnement social liées à la maladie et lui apprend à surveiller lui-même l’apparition, l’évolution et la gravité de sa maladie de façon à effectuer les interventions thérapeutiques nécessaires.
Elle apprend au patient à contourner les obstacles à l’observance du traitement et lui fournit des stratégies non médicamenteuses (comportementales) d’adaptation aux conséquences de la manie et de la dépression.
Les stratégies d’adaptation apprises sont spécifiques à chaque symptôme ; par exemple, on conseille aux patients ayant du mal à se concentrer de réduire le bruit et l’hyperstimulation et de se concentrer sur une seule chose à la fois, et on forme les patients souffrant d’états maniaques extrêmes aux techniques de relaxation (Rothbaum et Astin, 2000).

Education du patient
Le besoin d’une meilleure éducation en matière de trouble bipolaire est reconnu depuis longtemps. En renseignant les patients et leurs familles sur le trouble bipolaire, la psychothérapie vise à stimuler l’observance du traitement et à effacer l’humiliation, à réduire l’abus de drogues et à apprendre aux patients à identifier les symptômes de la rechute (Maj et al, 2002). Les centres d’intérêt principaux de l’éducation sont les effets secondaires des traitements, l’évolution de la maladie et les obstacles au rétablissement (Maj et al, 2002 ; Rothbaum et Astin, 2000).

Les études sur l’efficacité de l’éducation du patient montrent des résultats prometteurs. La majorité des interventions éducatives se traduisent par une meilleure observance du traitement et par une réduction du nombre d’hospitalisations et de rechutes.
Notamment, une étude a démontré une augmentation de 50 % du taux d’observance du traitement au lithium et une baisse de 60 % des hospitalisations (Rothbaum et Astin, 2000).

Thérapie familiale
Les interactions conjugales et familiales normales posent souvent problème aux patients atteints de trouble bipolaire. Les relations tendues peuvent amener ces derniers à subir plus de rechutes et un fonctionnement réduit. La thérapie familiale vise à renseigner les patients et leurs proches sur le trouble bipolaire, afin de stimuler l’adhésion aux médicaments prescrits, de favoriser l’acceptation de la maladie par le patient, d’améliorer son fonctionnement social et professionnel et de gérer les facteurs de stress. Elle tente également d’enseigner aux familles des méthodes de communication et de remettre les relations familiales à un niveau fonctionnel après un épisode d’humeur extrême. Les sessions de thérapie familiale tentent également d’aborder tout symptôme post-traumatique présenté par le patient ou par ses proches à la suite d’une crise aiguë ou d’une période d’hospitalisation.

La thérapie familiale est divisée en trois étapes bien définies : une étape d’évaluation, une formation visant l’amélioration des communications et une formation à la résolution des problèmes. On enseigne souvent aux proches la “routine des rechutes” qui leur permet d’identifier les signes et les symptômes d’une rechute et de se préparer à faire face à l’épisode imminent (Rothbaum et Astin, 2000).

Thérapie de groupe
La thérapie de groupe n’est utilisée dans traitement du trouble bipolaire que depuis 10 à 15 ans, puisque selon l’opinion traditionnelle, les patients bipolaires se prêteraient peu à ce type de thérapie. Toutefois, les récentes études ont montré que la thérapie de groupe instruit les patients en matière d’observance du traitement et que le nombre de rechutes peut être réduit de 15 % par la diminution de la stigmatisation associée au trouble bipolaire (Rothbaum et Astin, 2000).
Les patients qui combinent la thérapie de groupe et les médicaments semblent présenter une évolution moins grave sur le plan des interactions familiales, des échecs conjugaux et du besoin d’hospitalisation, que les patients traités uniquement aux médicaments. Bien qu’il soit difficile de comparer les données à cause des différences dans les thérapies utilisées, elles corroborent en général l’utilité de la thérapie de groupe chez les patients bipolaires (Rothbaum et Astin, 2000).

Electrochoc
Les électrochocs sont une thérapie bien établie pour le trouble bipolaire, démontrant son efficacité dans le traitement des phases tant maniaques que dépressives. Dernièrement, on a proposé les électrochocs comme traitement d’entretien pour le trouble bipolaire (Berk et al, 2001). Une analyse de comparaison des études sur l’efficacité relative des électrochocs et des antidépresseurs dans le traitement du trouble bipolaire montre que les électrochocs s’avèrent plus efficace dans 5 des 7 études, en obtenant de meilleurs résultats que les antidépresseurs tricycliques (Compton et Nemeroff, 2000).

Les électrochocs devraient être considérés non seulement comme un traitement de dernier recours, mais aussi comme un traitement de la dépression ou de la manie à n’importe quel stade du trouble bipolaire, pour autant que le patient consente au traitement. Les électrochocs devraient être considérés comme un traitement de première ligne lorsque le patient est gravement malade ou particulièrement délirant, ou présente un risque élevé de suicide. Le traitement au lithium n’est pas recommandé au cours d’un cycle d’électrochocs : cette combinaison se serait révélée neurotoxique dans certains cas. Les électrochocs occupent encore une place subordonnée dans la plupart des algorithmes de traitement, à cause des inquiétudes persistantes du public (Compton et Nemeroff, 2000).

Nouvelles options
Parmi les options thérapeutiques qui pourraient s’avérer bénéfiques dans le traitement du trouble bipolaire, figure l’inhibition des systèmes de transduction des signaux neuronaux par les acides gras oméga-3. Un essai à portée réduite a révélée chez les patients prenant des acides gras oméga-3, une période de rémission considérablement plus longue que chez les patients prenant de l’huile d’olive. Les possibilités d’appliquer comme traitement la stimulation du nerf vague et le Tamoxifen ont également été étudiées. Même si les résultats des études préliminaires sont prometteurs, il serait nécessaire d’accumuler des données cliniques supplémentaires (Berk et al, 2001).

Source: Brain Explorer

5 réponses à "Le trouble bipolaire: différentes thérapies"

bonjour miss !
j’ai remarqué que tu avais enlevé ton post sur la cocaïne : on t’y a forcé ? ou c’est pas choix ?
Bises et bonne fin de week end

Coucou :)

Disons que j’ai reçu une remarque alors j’ai préféré ne pas avoir de soucis :)
Je ne sais pas si on a le droit d’en parler ou non?
Qu’en penses-tu?
Après tout, le but est informatif non pas commercial ;)

bonjour miss !
j’ai remarqué que tu avais enlevé ton post sur la cocaïne : on t’y a forcé ? ou c’est par choix ?
Bises et bonne fin de week end

oups, erreur j’ai posté 2 fois :)

je ne sais pas non plus si on a le droit d’en parler, mais je dirais que oui : la preuve il existe plein de livres vendus librement, qui racontent des expériences personnelles autour de ça, à commencer par le fameux “moi christiane f, 13 ans, droguée et prostituée”.
Par contre, la façon dont ton texte était ecrit laissait penser qu’il s’agissait d’une propagande, si on le lisait pas en entier. quoi qu’il en soit, je ne pense pas qu’échanger soit illégal, mais va savoir avec notre nain nationnal ce qui arrivera demain…

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C'est le blog de Liv, une trentenaire borderline et bipolaire, ni victime ni désepérée, juste une amoureuse de la vie bien décidée à en finir avec ses troubles..
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